Font Size

Cpanel
Accueil > Miel

Miel

L'HOMME CONSOMME LE MIEL DEPUIS FORT LONGTEMPS

La "cueillette" des essaims sauvages est déjà représentée sur les parois des grottes préhistoriques. De nombreuses cultures ont ensuite attribué à l'abeille une valeur symbolique particulière, voire un statut d'animal sacré, et le miel, aliment et médicament, a été consacré comme offrande rituelle. Jusqu'à l'utilisation de la canne à sucre puis de la betterave, le miel a surtout constitué la principale source de sucre concentré. S'il a aujourd'hui perdu cette fonction, il reste un aliment apprécié pour ses qualités gustatives, nutritionnelles et thérapeutiques.

Etat des lieux de la filière miel

Le miel est une substance sucrée fabriquée par les abeilles à partir du nectar (présent dans les fleurs) ou du miellat (excrétion de certains insectes suceurs comme le puceron ou la cochenille). Chaque fleur donne au miel des arômes uniques et il existe donc une diversité infinie de miels. Certains miels sont dits monofloraux, c’est-à-dire qu’ils proviennent principalement du nectar d’une espèce de fleur (au moins 50%) ; c’est le cas par exemple du miel de lavande ou de romarin en France, du miel de longanier en Thaïlande, du miel de café au Mexique, au Brésil ou en Ethiopie, et du miel d’Ulmo au Chili.

La production mondiale, environ 1,5 millions de tonnes par an, est principalement assurée par la Chine (200.000T), les pays de l’ex Union soviétique (120.000T), les Etats-Unis (100.000T) et l’Union Européenne (120.000T).

La filière miel en France

La France, premier producteur européen, est donc un importateur net de miel puisque la consommation est près de deux fois supérieure à la production nationale. Mais elle exporte également ses miels de spécialité comme le miel de sapin des Vosges (AOC) ou le miel de Provence (label rouge).

Les apiculteurs des pays du Sud sont le plus souvent des paysans sans terre qui posent leurs ruches dans les champs de producteurs voisins ou des agriculteurs possédant de petites surfaces et considérant l’apiculture comme une activité secondaire. Ils sont souvent éloignés des centres d’achat et, isolés en bout de chaîne, n'ont pas d'autre choix que d'accepter le prix proposé par l'acheteur local. Ils n'ont ni les contacts ni la vision du marché nécessaires pour négocier les prix et choisir leur acheteur.

De plus, la qualité est souvent un enjeu de taille pour les petits apiculteurs. En effet, les règles au niveau de l’Union Européenne sont souvent très strictes, notamment au niveau du taux d’humidité et la teneur en hmf (hydroxy-méthyl-furfural). Ces critères témoignent du vieillissement et des conditions de stockage et de conservation du miel et il est indispensable de les maitriser pour accéder à des marchés d’exportation et de qualité.

Les réponses du système Fairtrade / Max Havelaar

Les standards Fairtrade / Max Havelaar représentent un véritable cadre pour une production durable. Ces standards comprennent notamment :

  • un prix minimum garanti d’achat qui aide les producteurs à gérer leur budget et avoir une visibilité à moyen et long terme
  • une prime de développement permettant d’investir dans des projets collectifs et productifs, notamment l’amélioration de la qualité via des investissements dans des infrastructures de stockage et de transport
  • des critères environnementaux stricts qui réduisent l’usage des pesticides et incitent à la conversion à l’agriculture biologique via notamment un prix différencié pour le miel Fairtrade et bio.

A plus long terme, le système Fairtrade / Max Havelaar aide les organisations de producteurs et les producteurs eux-mêmes à faire face aux instabilités du marché en leur permettant un meilleur accès aux financements, la construction de relations solides avec les acheteurs et une amélioration des conditions contractuelles. Il favorise l’organisation des producteurs en coopératives fortes et structurées, fonctionnant de façon transparente et démocratique.

Les outils du système Fairtrade / Max Havelaar

Le prix minimum garanti dépend de la qualité du miel (A ou B, sachant que le miel équitable importé en France est exclusivement de la qualité A) et du caractère bio ou non.
Le prix minimum garanti oscille ainsi entre 2,30 et 2,95 USD/kg (prix FOB) et la prime de développement est de 0,20 USD/kg.

Consulter les Prix Minimum Garantis et primes sur le miel équitable

La filière dans le système

Le miel certifié Fairtrade / Max Havelaar représente aujourd’hui moins de 0,5% du miel exporté dans le monde. Cette production concerne plus de 3.600 producteurs membres de coopératives certifiées dans le monde et environ 5000T.

Tour du monde du miel équitable

Aujourd’hui, il existe 40 organisations de producteurs de miel certifiées Fairtrade / Max Havelaar dans 14 pays. (Argentine, Brésil, Chili, Chine, Côte d’Ivoire, Cuba, Guatemala, Honduras, Malawi, Mexique, Nicaragua, Palestine, République de Tanzanie, Uruguay)

banane3

Quelques exemples de coopératives de miel certifiées

Apicoop, coopérative de miel au Chili
APICOOP a été fondée en 1980, dans le cadre d’un projet d’appui aux populations rurales défavorisées. L’apiculture a été choisie parce qu’elle demande peu de terres, ce qui convient parfaitement à la situation des membres, majoritairement sans terres ou locataires de petites parcelles. Certains des membres d’Apicoop sont des communautés indigènes spoliées de leurs terres qui ont pu, à travers l’apiculture, retrouver progressivement accès à la terre.

Producteurs

COASBA, coopérative de miel au Chili
La coopérative apicole de Santa Barbara (COASBA) est née de l’union d’apiculteurs de la région de BioBío qui ne parvenaient pas à vivre décemment de leur activité apicole. A présent, la production de miel et de propolis sont les principales sources de revenu et COASBA peut se targuer de produire un miel aux qualités sanitaires et organoleptiques parmi les meilleures du Chili.

Producteurs

Actualités de la filière

Régulièrement, l’Union Européenne modifie et met à jour la liste des pays autorisés à exporter du miel vers l’Union Européenne ; la dernière actualisation date du 16 Mars 2011. Certains des pays où des coopératives d’apiculteurs sont certifiées n’ont pour l’instant pas le droit d’exporter vers l’UE (comme le Malawi par exemple) et doivent se concentrer sur les marchés asiatique ou américain pour la commercialisation de leur miel équitable.

Pour en savoir plus

UNAF (Union Nationale de l’Apiculture Française) : http://www.unaf-apiculture.info/
INRA : http://www.inra.fr/internet/Directions/DIC/presinra/SAQfiches/miel.htm
Carles L. 1982. Du mieux dans le miel. Alimentation, n°102, volume 4
Gonnet M. 1994. La cristallisation dirigée des miels ; actualisation des méthodes de travail et avantages liés à cette pratique technologique. Abeilles et fleurs, n°430
Gonnet M. 1990. Le miel, dossier histoire et recherche. INRA mensuel, n°50
Gonnet M., Vache G. 1986. Le goût du miel. Editions UNAF (Union Nationale des Apiculteurs de France)