Font Size

Cpanel
Accueil > flux-actualités > Les changements climatiques > Protéger les zones humides en Ouganda

Protéger les zones humides en Ouganda

Le changement climatique affecte les plantations de café de la Coopérative de l’Union des Producteurs de Café d’Ankole (ACPCU) dans le sud-ouest de l’Ouganda.

zoneshumides

 

Les effets du changement climatique

 

La sécheresse est d’abord un gros problème pour le plant de café, en effet, s’il ne bénéficie pas d’une hydratation suffisante, ses jeunes pousses tombent à un stade précoce de leur développement. Le manque de pluie a aussi détruit les zones humides de l’ouest de l’Ouganda, alors que ces zones sont d’importance vitale pour l’écosystème de la région en tant que réservoir de biodiversité, acteur du système de purification de l’eau, et aide au contrôle des inondations.

L’asséchement est aussi causé par l’augmentation de la population de l’Ouganda, qui a plus que doublé lors de ces trois dernières décennies. Beaucoup de personnes ont alors emménagé dans les zones humides.

Le flétrissement du café, causé par des sécheresses prolongées, est aussi devenu problématique. D’autres insectes nuisibles et maladies, dont la rouille brune et la maladie de la baie de café, qui entraîne un pourrissement de la baie de café, ont contribué à la perte de presque la moitié de la production chaque année. Des chenilles que l’on n’avait jamais vues dans la région ont fait leur apparition dans les Hautes Terres, et l’on assiste à une augmentation des maladies affectant aussi les Hommes, comme la malaria.

« Cette année a été plutôt bonne, mais avant, le climat a été beaucoup trop sec. Dès que la sécheresse s’installe, toutes les baies tombent bien avant qu’elles soient mûres et les plants perdent leurs feuilles. Les bonnes années, je suis capable de récolter 18 000 kg de graines de café brutes. Mais entre 2003 et 2004,  je n’ai pu récolter que 12 000 kg, ainsi mon revenu a diminué d’un tiers. Et on a eu plusieurs autres mauvaises années depuis. » confie Ngambe Ehab, producteur de 76 ans.

Les mesures prises par les producteurs

Bien qu’une sensibilisation accrue au changement climatique ait suscité beaucoup d’inquiétude chez les agriculteurs concernant leur avenir, cela les a aussi poussés à entreprendre des projets à plus large échelle, destinés à protéger l’environnement (voir le positionnement Fairtrade sur les changements climatiques). ACPCU vient de sécuriser des fonds pour débuter un projet de grande ampleur, dédié à l’atténuation des effets du changement climatique, avec l’aide de Twin, partenaire de Fairtrade. Le projet impliquera des instructeurs spécialisés en plantation d’arbres pour qu’ils aident à améliorer les méthodes agricoles, et qu’ils accompagnent la restauration de l’environnement s’il a été affecté par les inondations ou les sécheresses.

Une partie importante de ce projet sera consacrée à la protection des zones humides. Les hommes politiques locaux refusent de les préserver parce qu’ils ne veulent pas perdre de votes. ACPCU aide à sensibiliser les producteurs l’importance de ces zones. Ainsi les membres de cette coopérative ne sont pas autorisés à empiéter sur les zones humides, mais on leur enseigne de meilleures tactiques agricoles qui permettent d’accroitre leur rendement, comme la construction de fossés et le paillage pour la capture de l’humidité, ou encore la plantation d’arbustes dans des jardins de café pour fournir de l’ombre aux cultures, et simultanément, réduire les émissions de dioxyde de carbone.

L’Union est parallèlement en dialogue avec les hommes politiques pour les encourager à instaurer des lois environnementales.

Pour en savoir plus:

Le positionnement Fairtrade sur les changements climatiques


 

Les multiples conséquences du changement climatique dans les plantations de thé au Malawi

La consommation d'eau au cours de la production de fleurs Fairtrade au Kenya

Gestion de l’eau et du bois durable dans la coopérative KDCU en Tanzanie

Le commerce équitable offre une réponse à la volatilité des prix du café