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Epices

LES ÉPICES FONT PARTIE DES PREMIERS PRODUITS À AVOIR ÉTÉ ÉCHANGÉS AU NIVEAU INTERNATIONAL.

En effet, dès le XVème siècle, les princes européens dépêchent leurs meilleurs navigateurs pour découvrir de nouvelles voies maritimes vers les Indes afin de s'assurer le monopole du commerce des épices. Depuis, ce commerce n'a jamais cessé; les petits producteurs d'Inde, du Sri Lanka, du Vietnam, … continuent de fournir le poivre, la cannelle, le gingembre et autres condiments exotiques aux consommateurs du monde entier.

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Production

90%

destiné aux pays du nord

Bénéfice

5

multinationales contrôlent les trois quarts du commerce international

Etat des lieux de la filière

Il existe une immense diversité d’épices et herbes aromatiques, la définition de ces produits étant assez large. Ainsi, la France est un pays producteur d’herbes aromatiques avec le thym, le romarin ou la sauge par exemple. Cependant, toutes les épices ne sont pas produites partout et le commerce équitable se concentre sur les épices et herbes « exotiques » qui ne sont produits qu’en Asie (poivre, cannelle, cardamome, clou de girofle, noix de muscade, macis, gingembre, curcuma, etc.), en Amérique Latine (piments, diverses herbes aromatiques) et en Afrique (certains poivres, certains piments et des plantes à infusion comme l’hibiscus).

Contrairement à la production qui est dispersée dans divers pays (Inde, Sri Lanka, Chine, Vietnam,..) entre les mains de millions de petits producteurs, la transformation et la distribution des épices est extrêmement concentrée : deux sociétés multinationales (Mc Cormick – à qui appartient Ducros- et Tone Brothers) détiennent la majorité du marché.

Les épices et herbes aromatiques sont la plupart du temps cultivées sur de petites surfaces (moins d’1 ha), souvent associées à d’autres types de production comme des arbres fruitiers, des cacaoyers, etc. Ce mode de culture s’appelle le « jardin créole » : il s’agit d’une parcelle où poussent en cultures associées des productions vivrières (fruits, manioc, etc. pour la consommation familiale) et de rente (des arbres comme le cannelier, le muscadier ou le giroflier, des plantes herbacées comme la cardamome, des lianes comme le poivre ou la vanille, et des racines (rhizomes) comme le curcuma ou le gingembre.

Les petits producteurs d’épices et herbes doivent faire face à la dépendance vis-à-vis des intermédiaires. En effet, même s’il s’agit de produits bruts, peu transformés (le plus souvent seulement séchés et moulus ; il n’y a donc pas besoin de posséder un appareil industriel complexe pour transformer la production), les producteurs sont dépendants des intermédiaires et exportateurs pour pouvoir vendre leur marchandise. Le plus souvent isolés en bout de chaîne, les producteurs n'ont pas d'autre choix que d'accepter le prix proposé par l'acheteur local. Ils n'ont ni les contacts ni la vision du marché nécessaires pour négocier les prix et choisir leur acheteur. Les réponses du système Fairtrade / Max Havelaar

Les standards Fairtrade / Max Havelaar représentent un véritable cadre pour une production durable. Ces standards comprennent notamment :
  • un prix minimum garanti d’achat (pour les principales épices telles que le poivre, le gingembre, la cannelle, la cardamome, la noix de muscade, le curcuma et le clou de girofle) qui aide les producteurs à gérer leur budget et avoir une visibilité à moyen et long terme
  • une prime de développement permettant d’investir dans des projets collectifs, 
  • des critères environnementaux stricts qui réduisent l’usage des pesticides et incitent à la conversion à l’agriculture biologique via notamment un prix différencié pour les herbes et épices Fairtrade et bio.


A plus long terme, le système Fairtrade / Max Havelaar aide les organisations de producteurs et les producteurs eux-mêmes à faire face aux instabilités du marché en leur permettant un meilleur accès aux financements, la construction de relations solides avec les acheteurs et une amélioration des conditions contractuelles. Il favorise l’organisation des producteurs en coopératives fortes et structurées, fonctionnant de façon transparente et démocratique. La participation au système Fairtrade / Max Havelaar permet également aux plantations d’améliorer les conditions de travail pour la main d’œuvre salariée et les conditions de vie sur la plantation pour les familles (accès à l’éducation pour les enfants, infrastructures de santé). La filière dans le système

Les herbes aromatiques et épices certifiées Fairtrade / Max Havelaar représentent aujourd’hui moins de 0,5% des herbes aromatiques et épices exportées dans le monde. Cependant, cette production concerne plus de 10.000 producteurs membres de coopératives certifiées ainsi que de nombreux travailleurs de plantations, en Egypte notamment.

QUELQUES CHIFFRES

L’exemple du poivre (données 2010 – Cyclope)

Production (poivre noir + poivre blanc) 316.380 T
Exportation (poivre noir + poivre blanc) 237.650 T

Prix (prix composite de l’International Pepper Community) :

- Poivre noir = 5000 USD/T (+51% vs 2010)
- Poivre blanc = 7050 USD /T (+60% vs 2010)


Les outils du système Fairtrade / Max Havelaar


Le prix minimum garanti dépend du type d’épice produite, du pays de production et du type d’organisation certifiée (coopérative ou plantation). Il existe ainsi divers prix minimum garantis et primes de développement pour le poivre noir, le poivre blanc, le poivre vert, la cannelle, le gingembre, etc.

Cependant, afin de s’adapter au mieux à la grande diversité des épices et herbes aromatiques produites par les producteurs du système Fairtrade, il n’existe pas de prix minimum garanti pour toutes les épices commercialisable aux conditions du commerce équitable.

Une fois que le produit est inscrit sur la liste des épices et herbes aromatiques certifiables, les organisations de producteurs peuvent se faire certifier pour ce produit et le commercialiser en bénéficiant d’une prime de développement de 15% du prix commercial.

Consulter les Prix Minimum Garantis et primes sur les épices équitables



Tour du monde des épices équitables certifiées.

Aujourd’hui, il existe près de 40 organisations de producteurs d’épices et herbes aromatiques certifiées Fairtrade / Max Havelaar dans 12 pays. (Bolivie, Chine, Egypte, Equateur, Ghana, Honduras, Inde, Madagascar, Pérou, Sri Lanka, Tanzanie et Vietnam )

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Quelques exemples de coopératives d’épices certifiées

SOFA, coopérative d’épices et de thé au Sri Lanka
Créée en 1993, l'association des petits producteurs de thé et épices biologiques de la région de Kandy (SOFA) au Sri Lanka compte à ce jour plus de 462 membres. La coopérative bénéficie indirectement à plus de 3500 personnes. En s’inscrivant dans une démarche d’agriculture biologique, les producteurs de SOFA ont choisi de réintroduire les méthodes traditionnelles de culture, ce qui permet la sauvegarde de certaines espèces et une meilleure préservation de l'environnement.
Initialement producteurs de thé, ils ont décidé de diversifier leurs activités et de valoriser leur production d’épices par la commercialisation et l’exportation aux conditions du commerce équitable.
Producteurs

FTAK, coopérative d’épices en Inde
Fair Trade Alliance Kerala est née, en 2005, de l’alliance de paysans qui se sont unis pour revendiquer de meilleures conditions de vie et de meilleurs prix pour leurs productions. Aujourd’hui, plus de 3000 producteurs commercialisent leurs noix de cajou et leurs épices (poivre, clou de girofle, curcuma, cannelle, cardamome, macis, etc.) aux conditions du commerce équitable.
Producteurs


Actualités de la filière

En Juillet 2012, Fairtrade International a décidé de revoir l’organisation des standards épices et herbes aromatiques. En effet, les plantes à infusions (camomille, rooibos, hibiscus, menthe), initialement incluses dans le standard thé, ont rejoint le standard épices et herbes aromatiques. Cependant, ces produits sont ouverts aux coopératives et aux plantations à main d’œuvre salariée, de par la structuration particulière de ces filières. Pour être plus cohérent au sein du standard herbes et épices, la distinction est maintenant faire entre les plantes à infusion + herbes fraiches pour lesquelles des plantations peuvent être certifiées et les épices et herbes sèches qui restent limitées aux seules organisations de petits producteurs.


Pour en savoir plus

UNCTAD (poivre) : http://r0.unctad.org/infocomm/francais/epices/plan.htm
Cyclope
International Pepper Community : http://www.ipcnet.org/
Regarder le documentaire « Olivier Roellinger, le magicien des épices »