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Coton

« Pour comprendre les mondialisations, celles d’hier et d’aujourd’hui, rien ne vaut l’examen d’un morceau de tissu ».
Erik Orsenna

DAVID CONTRE GOLIATH

Fibre reine d’une industrie textile longue et complexe, la culture du coton fait vivre des dizaines de millions de personnes à travers le monde, l’immense majorité d’entre eux vivant dans des pays en voie de développement ou émergents. Ainsi, pour de nombreux pays - parmi lesquels des pays où l’Indice de Développement Humain est très faible - le coton constitue une part importante des recettes d’exportation et une source essentielle de revenus, contribuant au développement rural et à la sécurité alimentaire des populations.
Les producteurs cultivent et vendent du coton dit « coton-graine », qui est ensuite transformé localement en fibre. C’est cette seconde matière première qui est échangée sur les marchés mondiaux, là où commence un jeu complexe et déséquilibré entre l’offre de nombreux pays exportateurs – qu’opposent méthodes de production et/ou mesures de soutien des gouvernements - et la demande d’une industrie textile puissante et éclatée.

Production

22

Organisations de producteurs de coton certifiées dans le monde

Bénéfice

36%

Montant de la prime de développement utilisé pour améliorer l’éducation

Contextes et enjeux de la filière

Le coton est cultivé sur 5 continents, dans plus de 90 pays, via des modes de production et des tailles d’exploitation très distincts : allant de la monoculture intensive à très hauts rendements, à la culture traditionnelle dans le cadre de petites exploitations agricoles. On estime que sa culture implique entre 30 et 50 millions de personnes, l’immense majorité d’entre eux étant de petits exploitants vivant dans des pays en voie de développement ou émergents. Ces derniers cultivent en moyenne entre 2 et 3 hectares de terre, où le coton ne représente qu’une partie des surfaces cultivées, le reste étant consacré aux cultures vivrières. La récolte y est encore très largement manuelle et faiblement mécanisée. En un demi-siècle, la production mondiale de coton a plus que doublé pour atteindre 27,4 millions de tonnes en 2011, face à une consommation estimée à 25,38 millions de tonnes (1).

Une fois transformé en fibre et mis en balle dans le pays de production, le coton est échangé et acheminé vers les filatures du monde entier. Ainsi, les flux mondiaux de coton sont déterminés par les zones de production de l’industrie textile, distinguant :

  • les pays exportateurs, du fait de l’absence d’industrie textile locale (Afrique de l’Ouest, Australie, Etats-Unis, Ouzbékistan) ;
  • des pays importateurs, pour lesquels l’achat de coton complète la production nationale, couvrant ainsi les besoins de l’industrie textile du pays (Chine, Inde, Pakistan, Brésil).


En tant que commodité cotée en Bourse, c’est sur les marchés d’exportation que se fixe le prix mondial de la fibre de coton, servant de référence dans les échanges mondiaux. Ce prix dépend avant tout de l’équilibre entre l’offre et la demande, mais également du niveau de subventions versé aux producteurs de pays exportateurs. Dans le cas du coton, cette dernière variable joue un rôle indéniable, permettant à des pays comme les Etats-Unis de maintenir des niveaux de production importants et d’exporter leur coton à un prix très compétitif, décorrélés des coûts de production, pourtant les plus élevés au monde. On y recense près de 31 500 exploitations agricoles familiales uniquement dédiée à la culture du coton.

Le cas des Etats-Unis est emblématique du fait de sa position de leader sur les marchés d’exportations et de l’importance des subventions versées à ses producteurs. Au global depuis 2001, ce sont près de 47 milliards de dollars de subventions dédiées aux producteurs de coton qui ont été versées par les gouvernements des Etats-Unis, de la Chine, et dans une moindre mesure par l’Union Européenne dans le cadre de la PAC. Cette entrave aux principes du libre échange a pour conséquence un véritable effet de distorsion des prix du marché, contribuant artificiellement à la baisse des cours, qui affichent une lourde tendance baissière depuis les 60 dernières années. Une tendance dopée par une concurrence accrue de la consommation de fibres synthétiques (60% des parts de marché) et une forte activité de spéculation.

Offre en concurrence directe sur les marchés d’exportation, notons celle des pays d’Afrique de l’Ouest et du Centre (la zone Franc CFA). Pour cette entité régionale qui compte comme 5ème exportateur mondial, le coton revêt une importance économique et du sociale considérable. Au Mali par exemple, la culture du coton fait vivre 2,5 millions de personnes et constitue la 2ème source de recettes d’exportation du pays. Malgré un véritable avantage comparatif à produire du coton - les coûts de production étant parmi les plus bas – les systèmes de production sont radicalement opposés à ceux pratiqués dans certains pays développés ou émergents. L’Afrique de l’Ouest ne se bat pas avec les mêmes armes et subit le jeu de fixation du prix mondial de la fibre sur les marchés d’exportation.

Dans ce contexte - que les pays soient importateurs ou exportateurs de coton, à proximité d’un bassin textile ou non - le dénominateur commun reste que des millions de petits producteurs à travers le monde, pour qui cette culture est clé, sont totalement invisibles et isolés en bout de chaine, exposés à d’importantes fluctuations des cours mondiaux et à des prix du coton devenus trop bas. Du fait de son importance économique et sociale pour de nombreux pays, des études ont su prouver qu’il existe une forte corrélation entre la chute des cours du coton et l’augmentation de la pauvreté.

Source : Cyclope, Les marchés mondiaux – édition 2011

Réponses du système Fairtrade

La filière coton équitable est née en 2004, prenant sa source au Mali, pour rapidement s’étendre à d’autres pays d’Afrique de l’Ouest et du centre que sont le Burkina Faso, le Cameroun et le Sénégal et à l’Inde. A plus petite échelle, on compte également des organisations de producteurs en Egypte, au Brésil et au Kirghizstan. A ce jour, ce sont près de 55 000 producteurs qui sont engagés dans la démarche, pour une production d’environ 19 000 tonnes de coton fibre.

Au-delà du prix et de la prime de développement, le regroupement en coopératives que requiert la certification rend les producteurs plus efficaces, plus autonomes et en capacité de mieux négocier. Leur gestion démocratique et transparente permet une prise de conscience commune sur le développement social et environnemental de leurs communautés.

Le prix Minimum Garanti permet d’assurer aux producteurs une stabilité et une amélioration des revenus face à des prix du coton devenus trop bas pour couvrir les coûts d’une production durable et assurer les besoins essentiels de la famille. Ce prix minimum garanti est fixé par régions de production et par variété cultivée (Gossypium hirsutum ou barbadense) auquel s’ajoute en Inde, un prix minimum garanti selon les longueurs de fibre.

La prime de développement permet aux producteurs - souvent situés dans des zones enclavées -d’investir dans des projets assurant des services sociaux de base, tels que l’accès à la santé, à l’éducation, à l’accès à l’eau potable ou encore d’investir dans des infrastructures qui stockent et protègent les denrées alimentaires. En 2014, elle s'est élevée à 1 million d'euros dont 36% ont été investis dans l'éducation.

De nombreuses organisations font également le choix d’investir la prime de développement afin de venir appuyer des projets de mise en place de meilleures pratiques agricoles (systèmes d’irrigation goutte à goutte ou micro irrigation, banque de semences, fumure organique), s’inscrivant souvent dans un contexte de conversion ou de pratiques de l’agriculture biologique.

Enfin au-delà de bénéfices économiques, le commerce équitable donne la voix à des acteurs totalement invisibles situés en début de chaine d’approvisionnement d’une industrie textile longue et complexe. Il renforce les capacités des organisations de producteurs à négocier, s’insérer sur les marchés internationaux et nouer des partenariats économiques plus directs avec des industriels ou des marques.

Le FSP Coton : de nouveaux débouchés pour le coton Fairtrade

Les petits producteurs du commerce équitable Fairtrade/Max Havelaar rencontrent des difficultés pour la vente de leur coton. Le Programme d’Approvisionnement Fairtrade pour le coton (FSP Coton) offre un nouveau moyen aux entreprises de s'engager à leurs côtés. L'objectif : créer de nouvelles opportunités de commercialisation pour le coton Fairtrade, dans le cadre de partenariats à long terme, axés sur l'impact.

Pour en savoir plus sur ce nouveau programme d'approvisionnement

QUELQUES CHIFFRES

Principaux producteurs et consommateurs de coton, 2009



Distribution des exportations mondiales de coton, 2009



Source : Département américain de l'agriculture

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Prix du coton en termes réels, 1970-2010



N.B. : La tendance haussière constatée depuis 2007 n'est pas assez longue pour apparaître dans ce segment.

Sources : Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), Division commerce et marchée (EST) et Coton Outlook, Cotlook, Indice "A

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Partez sur les routes du coton équitable :

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Tour du monde du coton équitable

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Quelques exemples de coopératives et d'organisations de producteurs

  • Afrique de l’Ouest et du centre : Union de Kédougou
  • Inde : Chetna
  • Brésil : ADEC

En savoir plus