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L’Ecole de Leadership, levier de l’empowerment des femmes

L’association Max Havelaar France vous invite à découvrir le parcours de productrices qui inspirent et créent le changement au sein de leur communauté à travers leur coopérative du commerce équitable Fairtrade/Max Havelaar.

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Porter la voix des femmes au sein des instances

« J'ai grandi dans une exploitation de café au Salvador et j'ai été entourée de plants de cafés presque toute ma vie. Durant mon enfance, ma mère était membre de la coopérative de café La Florida. En 2007, lorsqu’elle est décédée, j’ai repris le flambeau et je suis devenue membre active de la coopérative.

Je crois fermement à l’empowerment des femmes. J’en ai bénéficié et j’essaye de donner l'exemple. J'ai lutté pour représenter les droits des femmes rurales au sein des organes de décision publique. Je suis la première femme productrice à siéger au conseil d'administration de l'organisation nationale du commerce équitable Fairtrade/Max Havelaar au Salvador, et j’y suis parvenue parce que j’ai découvert comment me valoriser en tant que femme.

Il n'a pas été simple de me faire une place dans un milieu dominé par les hommes. Mais cela valait la peine car je sais que derrière moi, il y a beaucoup de femmes productrices qui ont besoin d'être représentées, mais aussi de connaître leurs droits et de mieux comprendre l'importance de leur rôle en tant que femmes.

Permettre aux femmes de devenir actrices du changement

L'une de mes plus grandes réussites au cours de l’année écoulée a été de réunir un groupe de femmes avec lesquelles je partage tout ce que j'ai pu apprendre au sein de l’Ecole de Leadership, qui a été mise en place par cinq organisations locales de femmes, d’agriculture et de développement – dont la CLAC, le réseaux des producteurs du commerce équitable Fairtrade/Max Havelaar d’Amérique latine et des Caraïbes.

C'est un défi considérable. Quand l'Ecole de Leadership a été lancée en 2014, il y avait des femmes qui n'auraient même pas levé les yeux quand quelqu'un leur parlait. Mais nous faisons des progrès - ce n'est pas facile, mais ce n'est pas impossible. L'École de Leadership est d'une grande importance parce qu'elle met en évidence comment les femmes ont été rendues invisibles au fil du temps. Elle donne aux femmes l'occasion de se faire entendre, d'aller au-delà de la simple objectivation et de devenir des agents de changement dans le mouvement mondial pour un commerce plus équitable.

L'Ecole m'a appris l'importance de l'estime de soi, du leadership, des droits des femmes et des droits humains, de l'autonomisation économique des femmes et de la répartition équitable du travail entre les sexes. Entre autres choses, j'ai appris à faire progresser la participation des femmes à la prise de décisions, les principes des valeurs défendues par les coopératives et des cadres juridiques, l'esprit entrepreneurial des femmes, l'éducation populaire et les techniques de management de groupe.

Relever le défi de l’accès à la terre et aux prises de décision

Encouragé par le succès des premières participantes, ce programme a été étendu et près de 400 femmes y ont participé jusqu'à présent. Certaines d'entre elles ont formé un groupe d'épargne et de crédits, un autre groupe diversifie leurs activités agricoles. Pour moi, c'est la plus grande source de satisfaction : nous voir nous réunir, travailler pour le bien commun et introduire de nouvelles façons de travailler qui nous évitent de devoir partir loin et de laisser nos enfants seuls à la maison.

Il est encourageant de pouvoir montrer des exemples de réussite qui prouvent que les femmes productrices sont cruciales pour réaliser les changements économiques, environnementaux et sociaux nécessaires au développement durable. Mais beaucoup ont encore à lutter avec un accès limité au crédit, à l'assistance technique et à l'éducation. La majorité d'entre elles ne possèdent toujours pas de terre, source de leur subsistance, car la propriété demeure entre les mains des hommes – même si dans de nombreux pays, ce sont les femmes qui travaillent la terre et qui sont en charge de la famille.

Mon défi, et le défi de millions de femmes productrices dans les pays en développement, est de savoir comment progresser, étape par étape, vers une participation égale dans les prises de décisions, dans la gestion de nos activités agricoles et de nos vies. C'est seulement à ce moment-là que nous pourrons créer des coopératives entièrement démocratiques et durables, ce qui nous permettra de concrétiser les valeurs fondamentales du commerce équitable. »

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