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Saint Valentin : Que se cache-t-il derrière une rose ?

La rose est la fleur la plus vendue au monde, notamment à l’occasion de la Saint Valentin qui représente 30% des ventes mondiales annuelles. Mais une rose peut cacher des dégâts pour l’environnement et des conditions de travail déplorables pour les hommes et les femmes qui les cultivent. Le label Fairtrade/Max Havelaar propose une alternative avec la certification de roses équitables.

(Les roses équitables Fairtrade/Max Havelaar sont disponibles chez Aquarelle.com, chez des distributeurs comme Système U, E. Leclerc, Carrefour, Franprix, Intermarché, et dans un large réseau de fleuristes engagés).

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L’épineuse réalité des roses : un impact social et environnemental majeur

A la recherche de coûts de production plus bas et de conditions climatiques plus propices à la floriculture, ces 25 dernières années, la production de roses s’est progressivement transférée des pays du nord vers des pays comme le Kenya, l’Ethiopie, la Colombie ou l’Equateur, où les conditions de travail sont souvent très précaires.

Environ 80% des roses vendues en Europe sont importées !

Dans ces pays, la culture des fleurs est développée par des grandes et moyennes plantations, mobilisant une abondante main d’œuvre, constituée en grande partie de travailleurs sans terre et de femmes.

Les travailleurs dans les plantations sont confrontés à une forte instabilité d’emploi, liée au caractère cyclique de la demande dans les pays consommateurs. A cette précarité, s’ajoutent des conditions de travail particulièrement pénibles : journées de travail très longues, mauvaises conditions sanitaires, exposition récurrente aux produits chimiques sans mesures de protection. Par ailleurs, les droits d’association et de négociation collective, ainsi que la liberté syndicale, sont peu respectés.

De plus, la production de fleurs est souvent liée à la captation d’importantes ressources en eau et à l’usage d’intrants chimiques, polluant ainsi les sols et les sources d’eau.

L’alternative Fairtrade/Max Havelaar : protéger les travailleurs et les ressources naturelles

La certification Fairtrade/Max Havelaar propose une alternative responsable grâce à la mise en place d’un cahier des charges exigeant pour les fermes horticoles et les importateurs mettant en avant notamment ces différents critères :

•    LE RESPECT DE L'ENVIRONNEMENT

Les fermes sont tenues de respecter un cahier de charges environnemental exigeant pour protéger les ressources naturelles, à travers notamment une optimisation de la consommation d’eau.

Les produits chimiques les plus dangereux sont bannis et les cahiers des charges requièrent que des mesures alternatives de contrôle et de prévention des nuisibles (qui permettront un usage moindre de pesticides) soient mises en place.

•    LES CONDITIONS DE TRAVAIL, SANTÉ ET SÉCURITÉ

Les fermes doivent assurer la mise en place de dispositions sociales bien souvent non obligatoires dans le cadre des lois nationales, comme fournir la sécurité sociale aux travailleurs, signer des contrats de travail avec des horaires clairement indiqués et instaurer un congé maternité d’au moins 8 semaines pour les femmes, qui sont majoritaires dans la production de fleurs.

Les travailleurs manipulant des produits chimiques doivent porter des équipements de protection individuelle, être formés à l’utilisation de ces produits et équipements, et être suivis médicalement tous les trimestres.

L’accès aux serres où des pesticides ont été pulvérisés est interdit aux travailleurs non protégés pendant une durée définie selon la toxicité du produit.

•    PRIME DE DÉVELOPPEMENT

Les acheteurs doivent verser 10% du prix d’achat à un Comité de la Prime Fairtrade, constitué de travailleurs élus dans chaque ferme. Cette instance est chargée de gérer l’argent de la prime – sur un compte indépendant de celui de la ferme – pour l’investir dans des projets aux bénéfices des travailleurs et de leurs communautés.

Chaque année, l’ensemble des travailleurs se réunissent pour choisir les projets qui seront financés : infrastructures et services de santé, bourses d’éducation pour les enfants des travailleurs, accès au crédit pour l’amélioration des conditions de vie, formations pour les travailleurs ou encore achats de denrées alimentaires de base en gros.

50 000 travailleurs horticoles et leurs familles bénéficient du label Fairtrade / Max Havelaar dans 9 pays. En 2014, ce sont 5.6 millions d’euros de prime de développement qui ont été reversé par les acheteurs aux organisations de travailleurs dans le secteur des fleurs équitables.

•    SALAIRES

Les fermes certifiées doivent respecter au minimum la référence la plus exigeante existante pour le secteur en termes de rémunération. La référence peut-être par exemple le salaire minimum légal national, la convention collective du secteur ou encore le niveau de salaire minimum officiellement reconnu dans le pays pour ce type de fonction.

Les fermes doivent procéder à des augmentations de salaires annuelles couvrant au minimum l’inflation. De plus, afin de lutter contre la précarité de l’emploi, il est exigé que tout travail régulier soit exécuté par un travailleur permanent. Il est obligatoire également d’accorder au moins un jour de repos par semaine.

Il est exigé le respect de la liberté d’association, préalable essentiel à une négociation collective effective sur la question des salaires

Le label Fairtrade/Max Havelaar est ainsi une démarche exigeante qui intègre les trois piliers de la durabilité à travers des critères économiques, sociaux et environnementaux.

En Equateur, la ferme Agrogana accompagne l’amélioration des conditions de vie de ses employés

La ferme horticole Agrogana a été créée en 1999. La ferme emploie actuellement 218 employés dans la région de Cotopaxi en Équateur, zone reconnue sur le marché international pour produire des fleurs de la meilleure qualité.  Depuis sa certification Fairtrade en 2003, la ferme Agrogana accompagne ses employés dans la mise en place de projets financés par la prime de développement :

- La construction du centre d’études La Esperanza, terminée en avril 2014. Dans ce centre, ce sont les enfants des travailleurs qui peuvent assister à des cours d’anglais, environ 100 chaque année sont concernés. De plus, pendant les vacances d’été, ils ont peuvent aussi suivre des cours de rattrapage en mathématiques. En 2015, c’est maintenant l’ensemble de la communauté qui peut participer à des cours.

- Bourses d’éducation pour les enfants des employés et les employés eux-mêmes. En 2015 ce sont 190 enfants de travailleurs qui ont reçu des bourses. Ces bourses peuvent aussi être utilisées pour les travailleurs eux-mêmes, qui peuvent ainsi reprendre leurs études.

- Toutes les 3 mois, la ferme achète en gros des produits de première nécessité pour les travailleurs. Cela leur permet de ne pas investir eux-mêmes et d’obtenir ces biens à des coûts moindres grâce à l’achat en gros.

Pour en savoir plus:

• Une ouvrière horticole qui porte la voix des travailleurs africains
• La filière fleur du commerce équitable
• Consultez la liste des fleuristes engagés près de chez vous